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2019 - STABAT MATER DE ROSSINI

2019 - STABAT MATER DE ROSSINI

Après quatre productions du Requiem de Verdi couronnées de succès, VOCALYS met à son programme pour 2019 le Stabat Mater de Rossini !

L’ŒUVRE

Gioacchino Rossini (1792-1868), Stabat Mater (1831-1842)

Une interrogation sur le « sacré » en musique

Le suicide compositionnel

Le dualisme rossinien : premiers pas vers la Transcendance

Bologne, ville des musiciens… Mozart y apprit l’art de la composition sous la conduite émérite du Padre Martini ; Rossini – quelques années plus tard – y suivra les enseignements de son successeur, le Padre Mattei. Mais, est-ce le seul point commun reliant nos deux créateurs ?

La carrière de Rossini fut tout autant étincelante, éclatante et son ascension fulgurante. De 1813, date de son premier succès international, son triomphe ne s’estompera jamais, jusqu’à ce qu’il décide, brutalement, d’arrêter sa carrière en 1829, à l’âge de 37 ans.

Si Mozart mourut à 35 ans, Rossini – acte assez rare, voire unique dans la sphère musicale pour être souligné - s’euthanasie artistiquement et volontairement, au même moment de son existence. Pourquoi ? Avait-il épuisé son imagination artistique ? Sa passion musicale l’avait-elle définitivement quitté ? Comment un compositeur aussi prolixe put-il décider de rayer d’un simple coup de plume toute la force du geste créateur qui l’habitait et qui, de facto, était le centre même de sa vie, le cœur de sa raison d’Être ? Par la même occasion, cela nous force à nous interroger sur ce qui animait réellement jusque-là son désir, sa flamme créatrice. Or, c’est à ce moment précis que la musique sacrée entre en jeu car notre compositeur n’arrête pas totalement de créer en 1829. Durant les 39 autres années qui le séparèrent de sa mort physique, Rossini livre deux œuvres sacrées qui compteront parmi ses plus grands chefs-d’œuvre : le Stabat Mater et la Petite Messe Solennelle.

La vie de Rossini nous apparaît alors comme un symbole même de dualisme, la première moitié de son existence étant dévolue à la création opératique, à sa carrière et au monde profane – tandis qu’exactement la deuxième moitié de sa vie fut consacrée à la musique sacrée, tout en étant retiré du monde – comme si un retournement, un basculement s’est opéré.

La toile cachée

Derrière le vernis opératique, le vrai sens du sacré

Contrairement à ce qu’a pu retenir la postérité, la musique sacrée de notre compositeur ne se réduit pas aux deux monuments suscités. Dès sa jeunesse, Rossini livre, en effet, quantité d’œuvres sacrées à vocation utilitaire (Messes, Cantates, Motets, …). En revanche, ces dernières ne furent clairement pas habitées d’un profond et sincère sentiment religieux, d’un souhait de Rédemption, de Salut ou de Délivrance. La langue de Rossini a toujours été celle de l’opéra et du théâtre, il ne pouvait alors s’empêcher d’appliquer celle-ci à l’Eglise, au plus grand damne d’un Richard Wagner.

Pourtant, comme l’affirme à juste titre Claire Delamarche, « Deux chœurs a capella et une fugue finale un peu pompeuse viennent rappeler à l’auditeur que le propos est autre. Et à bien regarder ces cavatines et airs duos et quatuors qui semblent empruntés tout droit à Guillaume Tell ou à la Donna del lago, on s’aperçoit que leur forme, leur parcours harmonique, leurs intentions s’accorderaient mal à l’opéra. »

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